Une cyberattaque contre La Poste a perturbé plusieurs services en ligne en pleine période des fêtes. Le parquet de Paris a ouvert une enquête confiée à la DGSI et à l’unité nationale cyber. L’attaque, revendiquée par un groupe prorusse, n’a pas entraîné de vol de données selon l’entreprise. Après le Ministère de l’intérieur, c’est la seconde cyberattaque en quelques jours
Cyberattaque contre La Poste : enquête ouverte sur une attaque numérique à fort enjeu stratégique
Qui est concerné ?
Le groupe La Poste, opérateur essentiel de services publics et logistiques, a été visé par une cyberattaque ayant affecté l’accès à plusieurs de ses plateformes en ligne. Face à l’incident, les investigations ont été confiées à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à l’unité nationale cyber (UNC), spécialisées dans la lutte contre les menaces numériques majeures.
Un groupe de hackeurs prorusses, NoName057(16), a revendiqué l’attaque sur les réseaux sociaux, sans toutefois fournir d’éléments techniques permettant d’en attester formellement la responsabilité.
Quelle est la nature de la cyberattaque contre La Poste ?
Selon les premières informations communiquées par l’entreprise et confirmées par les autorités judiciaires, l’attaque relève d’un déni de service distribué (DDoS). Ce mode opératoire consiste à submerger des serveurs informatiques par un volume massif de requêtes, provoquant des ralentissements, voire des indisponibilités temporaires, sans nécessairement entraîner de fuite de données.
La Poste a indiqué que les données personnelles, bancaires et professionnelles des usagers n’avaient pas été compromises, insistant sur le caractère strictement perturbateur de l’attaque. Néanmoins, plusieurs services numériques ont connu des instabilités, notamment le site institutionnel Laposte.fr et certains outils en ligne liés à l’identité numérique.
Quand et dans quel contexte l’attaque a-t-elle eu lieu ?
La cyberattaque contre La Poste s’est produite au début de la première semaine des vacances de fin d’année, une période particulièrement sensible pour le groupe. Sur les deux derniers mois de l’année, La Poste traite et distribue environ 180 millions de colis, portés par l’essor du commerce en ligne et les expéditions liées aux fêtes de Noël.
L’ouverture officielle de l’enquête a été annoncée le mardi 23 décembre par le parquet de Paris, au lendemain de l’incident. Le timing de l’attaque renforce les préoccupations autour de la résilience des services numériques essentiels en période de forte activité.
Où les perturbations ont-elles été observées ?
Les perturbations ont principalement concerné les services en ligne accessibles au grand public. Si certains utilisateurs ont signalé des difficultés d’accès à Laposte.fr, la distribution du courrier et des colis s’est poursuivie normalement sur l’ensemble du territoire, selon l’entreprise.
Du côté de La Banque Postale, des ralentissements ont été observés « dans certaines circonstances », sans impact sur les opérations réalisées en bureau de poste. En revanche, l’accessibilité des centres d’appels restait dégradée en fin de journée, illustrant l’effet en cascade que peut provoquer une cyberattaque sur des services interconnectés.
Pourquoi cette cyberattaque suscite-t-elle une vigilance accrue ?
La revendication de l’attaque par le groupe NoName057(16) s’inscrit dans un contexte géopolitique tendu. Ce collectif est connu pour avoir mené de multiples cyberattaques contre des institutions ukrainiennes et des États considérés comme alliés de l’Ukraine, dont la France.
Toutefois, plusieurs experts appellent à la prudence. Le chercheur en cybersécurité Baptiste Robert a notamment souligné le caractère tardif et non documenté de cette revendication, rappelant que les revendications opportunistes sont fréquentes lors d’incidents fortement médiatisés.
À ce stade, les enquêteurs cherchent à déterminer si l’attaque est effectivement d’origine étrangère, si elle a été coordonnée, et si elle s’inscrit dans une campagne plus large visant les infrastructures françaises.
Une enquête judiciaire à forts enjeux pour la cybersécurité française
L’enquête ouverte par le parquet de Paris porte sur des faits d’entrave au fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données, une infraction pénale fréquemment retenue dans les dossiers de cyberattaques. La mobilisation conjointe de la DGSI et de l’UNC témoigne du niveau de sensibilité de l’affaire, La Poste étant considérée comme un opérateur d’importance vitale.
Au-delà de cet incident, la cyberattaque contre La Poste illustre les défis croissants de cybersécurité auxquels sont confrontées les grandes entreprises publiques françaises. Elle met en lumière la nécessité de renforcer la protection des services numériques, en particulier à l’approche de périodes d’activité intense.
Les conclusions de l’enquête permettront d’évaluer l’ampleur réelle de l’attaque, d’en identifier les auteurs et, le cas échéant, d’adapter les dispositifs de défense face à des menaces numériques de plus en plus structurées.














