Volodymyr Zelensky est de retour à Paris ce lundi 1ᵉʳ décembre pour un entretien stratégique avec Emmanuel Macron. Cette rencontre intervient alors que les frappes russes se multiplient et qu’un émissaire américain doit se rendre à Moscou pour évoquer le plan de paix porté par Washington. Un moment diplomatique clé, au croisement des discussions internationales et des tensions militaires.
Une visite hautement symbolique dans un contexte d’intensification des frappes
Pour la dixième fois depuis février 2022, le Président ukrainien se rend à l’Élysée.
Cette nouvelle rencontre, prévue de longue date, intervient dans un paysage militaire particulièrement sombre : l’Ukraine a subi ce week-end des centaines de drones et missiles, causant plusieurs morts et frappant directement les infrastructures énergétiques.
Dans le même temps, l’Ukraine revendique des frappes de drones navals contre des pétroliers liés à la « flotte fantôme » russe.
La visite à Paris doit permettre d’aborder à la fois les besoins immédiats de défense et la trajectoire diplomatique d’un conflit devenu structurel.
Un face-à-face crucial avant une semaine diplomatique déterminante
Emmanuel Macron et Volodymyr Zelensky doivent échanger longuement sur trois enjeux :
1. Le plan américain pour la paix
Les discussions engagées en Floride entre responsables ukrainiens et américains visent à affiner les 28 propositions présentées par Washington.
Le point le plus scruté concerne les concessions potentielles exigées de Kiev et la manière dont elles pourraient être sécurisées politiquement.
2. Les garanties de sécurité européennes
Paris souhaite accélérer la réflexion sur des engagements pluriannuels : soutien militaire, aide financière, capacité de formation, renforcement de la défense aérienne.
La France travaille dans ce cadre avec la « coalition des volontaires », un groupe d’États engagés pour soutenir militairement l’Ukraine sur la durée.
3. L’évolution interne de Kiev
Cette rencontre intervient également après un séisme politique à Kiev : le limogeage d’Andriï Iermak, chef de cabinet et figure centrale du pouvoir ukrainien, dans le contexte d’une enquête anticorruption.
Paris comme Washington observent de près cette recomposition du pouvoir, susceptible d’influencer la manière dont Kiev négocie.
Witkoff attendu à Moscou : un signal contradictoire ou complémentaire ?
En parallèle des échanges franco-ukrainiens, un autre rendez-vous attire l’attention :
Steve Witkoff, l’émissaire désigné par Donald Trump, doit rencontrer Vladimir Poutine à Moscou demain.
Cette démarche interroge :
- Va-t-elle clarifier les intentions américaines ?
- Peut-elle affaiblir la position ukrainienne ?
- Annonce-t-elle un retour des discussions triangulaires Washington-Kiev-Moscou ?
Kiev entre résilience militaire et fatigue intérieure
Au-delà des frappes russes, l’Ukraine affronte un autre défi : l’usure politique et sociale après presque quatre ans de guerre.
Le remplacement de personnalités influentes au sommet de l’État, comme Andriï Iermak, signale un besoin de recomposition interne pour maintenir la cohésion.
Les attaques répétées sur la capitale, notamment la dernière attaque nocturne, accentuent la pression sur une population épuisée.
Dans ce contexte, la visite de Zelensky en France vise aussi à montrer à l’opinion ukrainienne que le soutien occidental demeure solide.
Quel rôle pour la France dans le futur du conflit ?
La France cherche à conserver un rôle spécifique dans la résolution du conflit :
- facilitateur dans les discussions internationales,
- acteur clé de l’aide militaire,
- voix européenne influente sur les garanties de sécurité.
Mais la question demeure :
Paris peut-il réellement servir de pivot diplomatique entre Kiev, Washington et Moscou ?
La conférence de presse prévue après l’entretien Macron–Zelensky devrait préciser les intentions françaises pour les prochains mois.
Une journée qui pourrait peser lourd dans la suite de la guerre
Entre
- intensification des frappes russes,
- reconfiguration politique ukrainienne,
- négociations américaines,
- et visite imminente d’un émissaire à Moscou,
la rencontre de Paris s’inscrit dans une phase particulièrement critique du conflit.
Reste à savoir si les annonces attendues aujourd’hui donneront une impulsion nouvelle au plan de paix, ou si elles ne feront qu’en prolonger la complexité.














