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Maltraitance animale en France en 2025 : la hausse alarmante des infractions révèle une fracture territoriale profonde

La maltraitance animale progresse nettement en France. Entre 2016 et 2021, les infractions visant les animaux domestiques ont augmenté de 30 %, selon les données officielles. Derrière cette dynamique préoccupante, les statistiques révèlent des disparités territoriales marquées, des profils de mis en cause spécifiques et une réalité souvent éloignée des représentations médiatiques.


Maltraitance animale : un phénomène en nette progression sur l’ensemble du territoire

La maltraitance animale s’impose désormais comme un phénomène durable et mesurable dans les statistiques judiciaires françaises. En 2021, près de 12 000 infractions visant des animaux domestiques ont été enregistrées par la police et la gendarmerie nationales. Ce chiffre marque une augmentation de 30 % en cinq ans, soit une progression moyenne annuelle de 5 %. Une tendance lourde, observée sur l’ensemble de la période 2016-2021, à l’exception d’un léger reflux ponctuel en 2019.

Ces infractions concernent exclusivement les animaux domestiques, apprivoisés ou tenus en captivité, excluant la faune sauvage en liberté. Les faits recensés englobent aussi bien les animaux de compagnie que les animaux d’élevage, ce qui distingue fortement ce type de délinquance des autres formes de violences enregistrées par les forces de sécurité. Les signalements s’effectuent par l’intermédiaire de la plateforme du service public prévue à cet effet.


Mauvais traitements et sévices graves concentrent l’essentiel des infractions

L’analyse de la structure des infractions révèle que près de sept faits sur dix relèvent de violences intentionnelles. Les mauvais traitements représentent 35 % des infractions enregistrées, tandis que les sévices graves ou actes de cruauté en constituent 34 %. Les atteintes involontaires à la vie ou à l’intégrité des animaux comptent pour 14 %, tandis que les abandons identifiés pénalement ne représentent que 5 % des cas.

Cette répartition souligne une réalité souvent ignorée : la maltraitance animale n’est pas majoritairement accidentelle ou passive comme l’a défendu pendant des années Brigitte Bardot. Elle repose le plus souvent sur des comportements volontaires, parfois caractérisés par une intention manifeste de faire souffrir l’animal, ce qui explique la qualification pénale renforcée de certains faits depuis la loi de novembre 2021.


La maltraitance animale progresse nettement en France. Entre 2016 et 2021, les infractions visant les animaux domestiques ont augmenté de 30 %, selon les données officielles. Derrière cette dynamique préoccupante, les statistiques révèlent des disparités territoriales marquées, des profils de mis en cause spécifiques et une réalité souvent éloignée des représentations médiatiques.

Une délinquance animale majoritairement rurale

Contrairement à la plupart des autres infractions pénales, la maltraitance animale est avant tout un phénomène rural. En 2021, le taux d’infractions atteint 2,9 faits pour 10 000 habitants dans les communes rurales, contre une moyenne nationale de 1,7. À l’inverse, les grandes agglomérations affichent des taux nettement inférieurs, avec seulement 0,8 fait pour 10 000 habitants à Paris.

Cette surreprésentation rurale s’explique en grande partie par la présence d’animaux d’élevage, mais aussi par une densité plus élevée d’animaux domestiques par habitant. Les départements les plus touchés sont majoritairement situés dans le centre et le sud du territoire, avec des taux particulièrement élevés dans des zones à forte dominante agricole.


Chiens et chats, premières victimes de la maltraitance animale

Les données montrent que les chiens et les chats sont les principales victimes des infractions enregistrées. Les chiens apparaissent dans près de la moitié des procédures, suivis des chats dans un tiers des cas. Toutefois, la nature des victimes varie selon les territoires : les équidés et les bovins sont davantage concernés dans les communes rurales, tandis que les zones urbaines concentrent surtout les violences envers les animaux de compagnie.

Les formes de maltraitance diffèrent également selon les espèces. Les violences physiques touchent plus fréquemment les chats, tandis que les situations de mauvaises conditions de détention concernent majoritairement les chiens. L’abandon, souvent associé à un logement, reste moins visible dans les statistiques pénales que dans les données associatives.


Des profils de mis en cause marqués et atypiques

Les infractions délictuelles visant les animaux domestiques mettent quasi exclusivement en cause des personnes physiques, dans 99 % des cas. Les hommes représentent près de trois quarts des mis en cause, une proportion encore plus élevée pour les sévices graves. L’âge constitue un autre élément distinctif : les personnes de plus de 45 ans sont surreprésentées par rapport à l’ensemble de la délinquance générale.

À l’inverse, les mineurs sont très peu impliqués dans ces infractions. Ces profils contrastent fortement avec ceux observés pour d’autres types de délits, suggérant des dynamiques sociales spécifiques à la maltraitance animale.


Abandon animal : une réalité pénale sous-estimée

Si l’abandon d’animaux occupe une place importante dans le débat public, il reste faiblement représenté dans les statistiques judiciaires. Les données pénales enregistrent quelques centaines de cas par an, loin des dizaines de milliers d’abandons estimés par les associations. Cette différence s’explique notamment par le recours aux refuges, les cessions volontaires non pénalisées, et la difficulté à identifier les propriétaires, surtout lorsque les animaux ne sont pas identifiés.

Fait notable, plus de la moitié des abandons recensés ont lieu dans des logements, souvent à la suite d’un déménagement ou d’un changement de situation personnelle, loin de l’image classique de l’animal laissé sur le bord d’une route.


Une problématique durable aux enjeux sociétaux majeurs

La progression continue de la maltraitance animale interroge l’efficacité des dispositifs de prévention et de contrôle, malgré le durcissement récent du cadre législatif. Les données montrent que ce phénomène s’inscrit dans le temps, avec des variations saisonnières marquées, notamment un pic estival lié aux départs en vacances.

Au-delà des chiffres, ces statistiques soulignent un enjeu sociétal profond, à la croisée des politiques publiques, de la sensibilisation citoyenne et de la protection animale. Une réalité qui, loin d’être marginale, concerne désormais l’ensemble du territoire français.

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