La dynamique électorale française connaît une inflexion majeure. Selon le dernier baromètre politique Odoxa, la progression confirmées des forces radicales, à droite comme à gauche, s’accompagne d’un affaissement des partis modérés. À moins de deux ans de l’élection présidentielle 2027, l’extrême droite n’a jamais été aussi proche de conquérir l’Élysée.
Une radicalisation électorale devenue structurelle
La radicalisation du vote en France ne relève plus d’un simple phénomène conjoncturel. Les résultats du baromètre politique Odoxa de novembre 2025 confirment une tendance lourde : l’opinion publique se polarise, au détriment des forces politiques dites de gouvernement. Cette évolution se traduit par une concentration croissante des intentions de vote et des niveaux d’adhésion autour des formations situées aux extrêmes de l’échiquier politique.
Ce durcissement s’observe d’abord dans la perception des personnalités politiques. Les français sont las de la politique professionnelle. Le palmarès de l’adhésion place désormais clairement en tête un représentant de l’extrême droite, loin devant les figures issues du centre ou de la droite modérée. À l’inverse, les responsables associés aux compromis institutionnels ou à l’exercice du pouvoir apparaissent fragilisés, souvent cantonnés à des scores intermédiaires, sans dynamique nette.

L’effondrement du bloc modéré, un phénomène transversal
Les partis modérés, longtemps considérés comme des pivots du jeu politique français, apparaissent aujourd’hui structurellement affaiblis. Le baromètre montre que leurs candidats potentiels peinent à dépasser le seuil symbolique des 15 à 20 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle.
Cette marginalisation touche aussi bien le centre que la droite classique. Même lorsque leurs personnalités bénéficient d’une image relativement positive, leur capacité à fédérer largement au-delà de leur socle apparaît limitée. Les électeurs semblent davantage motivés par des offres politiques clivantes, perçues comme plus lisibles ou plus cohérentes idéologiquement, que par des projets d’équilibre ou de compromis.
Une extrême droite en position de force inédite
La montée de l’extrême droite en France constitue l’un des faits politiques majeurs mis en lumière par l’étude Odoxa. Pour la première fois, les simulations électorales indiquent une victoire systématique de son candidat dans l’ensemble des hypothèses de second tour testées, quels que soient les adversaires.
Cette domination s’explique par plusieurs facteurs convergents : un niveau d’adhésion élevé, un rejet relativement contenu comparé à d’autres figures politiques, et surtout une capacité à capter une partie croissante des électorats issus de la droite traditionnelle et des classes populaires. La normalisation progressive du vote d’extrême droite, amorcée depuis plusieurs années, semble avoir franchi un nouveau seuil.
La gauche divisée, entre radicalité et dispersion
Si la droite modérée recule, la gauche n’échappe pas à la fragmentation. Le baromètre Odoxa souligne une concurrence accrue entre plusieurs pôles idéologiques, sans qu’aucun ne parvienne à s’imposer durablement comme alternative majoritaire. Les formations de gauche radicale conservent un socle solide mais plafonnent, tandis que les forces sociales-démocrates peinent à retrouver une crédibilité électorale nationale.
Cette dispersion réduit mécaniquement la capacité de la gauche à accéder au second tour dans un contexte de forte polarisation, renforçant ainsi l’avantage stratégique de l’extrême droite.
Une défiance profonde envers l’exécutif et les institutions
La radicalisation des suffrages s’inscrit également dans un climat de défiance politique généralisée. Le baromètre met en évidence un rejet massif de l’exécutif, avec des niveaux de désapprobation rarement atteints sous la Ve République. Cette défiance nourrit une demande de rupture, souvent incarnée par des forces politiques extérieures ou opposées au système institutionnel actuel.
Les partis modérés, associés à la gestion passée ou présente du pouvoir, apparaissent ainsi comme les principales victimes de ce climat de lassitude démocratique, comme en témoigne l’impossibilité de faire voter un budget pour 2026.

Vers une présidentielle sous haute tension
À ce stade, le baromètre Odoxa ne prétend pas prédire l’issue définitive de l’élection présidentielle de 2027. Il dresse néanmoins un constat sans ambiguïté : le centre de gravité du vote français s’est déplacé. La radicalisation des choix électoraux, conjuguée à l’effondrement des partis modérés, place l’extrême droite dans une position de force inédite à l’approche du scrutin.
Si cette dynamique devait se confirmer, la prochaine présidentielle pourrait marquer un tournant historique, révélateur d’une recomposition profonde et durable du paysage politique français.














