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Publicité Intermarché du loup jugée mensongère : l’ONG Bloom saisit le régulateur pour tromperie sur le poisson

L’ONG Bloom a déposé une plainte contre la publicité du « loup mal-aimé » d’Intermarché, accusée de diffuser un message mensonger sur le végétarisme et l’abondance des poissons. L’association estime que le spot entretient une confusion préjudiciable aux consommateurs et à la protection des océans.

Une plainte déposée contre la publicité Intermarché du « loup mal-aimé »

La publicité Intermarché mensongère est au cœur d’une nouvelle controverse. L’association environnementale Bloom a annoncé avoir saisi le Jury de déontologie publicitaire (JDP) afin de dénoncer le contenu du spot animé mettant en scène le « loup mal-aimé », largement diffusé à l’occasion des fêtes de fin d’année.

Selon l’ONG Bloom, cette campagne publicitaire du groupe Intermarché véhicule des messages trompeurs sur les pratiques alimentaires et sur l’état réel des ressources halieutiques. La plainte a été déposée auprès d’une instance rattachée à l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), chargée de veiller au respect des règles déontologiques dans la communication commerciale.


Un spot animé accusé de brouiller la définition du végétarisme

Diffusé massivement en ligne et à la télévision, le film publicitaire raconte l’histoire d’un loup rejeté par les animaux de la forêt en raison de sa réputation de prédateur. Pour se faire accepter, le personnage change ses habitudes alimentaires et se présente comme végétarien, cuisinant des légumes… mais aussi du poisson.

C’est précisément ce point qui a motivé la plainte de Bloom. L’association estime que la publicité alimente une confusion durable entre végétarisme et consommation de poisson, une confusion qu’elle juge « erronée » et déjà largement répandue dans le grand public. Pour l’ONG, le message implicite du spot est clair : une personne végétarienne pourrait consommer des produits issus de la pêche, ce qui contredit la définition même du végétarisme.

Bloom considère que cette représentation faussée n’est pas anodine, d’autant plus que la publicité cible un large public, y compris des enfants et des adolescents, particulièrement sensibles aux récits animés et aux codes du conte de Noël.


Un message jugé trompeur sur l’abondance des poissons

Au-delà de la question du végétarisme, la publicité Intermarché mensongère, selon Bloom, transmettrait également un message implicite sur l’état des océans. L’ONG estime que la présence répétée de poissons dans le spot contribue à ancrer l’idée d’une abondance des ressources marines, en contradiction avec les données scientifiques sur le déclin de nombreuses populations de poissons.

Bloom affirme que cette vision idéalisée est problématique dans un contexte de surexploitation des océans et de crise écologique mondiale. Elle reproche à Intermarché de banaliser la consommation de poisson sans évoquer les enjeux environnementaux associés, alors même que la publicité s’inscrit dans un discours global de « mieux manger ».


Intermarché et la question du chalutage industriel

Dans son argumentaire, l’ONG met également en cause le modèle économique du distributeur. Bloom rappelle qu’Intermarché possède sa propre flotte de pêche, la Scapêche, accusée de recourir notamment au chalutage industriel.

Cette technique de pêche est qualifiée par l’association de « méthode la plus destructrice » pour les écosystèmes marins, en raison de son impact sur les fonds océaniques et sur les espèces non ciblées. Selon Bloom, la publicité du loup « mal-aimé » servirait indirectement les intérêts commerciaux du groupe en promouvant des produits issus de la pêche, tout en occultant les conséquences environnementales de ces pratiques.


Une campagne jugée déloyale et peu transparente

L’ONG va plus loin en dénonçant une campagne qu’elle estime déloyale, malhonnête et mensongère. Elle considère que le message de la publicité, centré sur le « mieux manger », ne correspond ni à l’offre globale du distributeur ni à ses orientations stratégiques.

Bloom souligne que les recettes végétariennes mises en avant dans le spot seraient marginales, noyées parmi une majorité de propositions à base de viande ou de poisson. Elle reproche également au film publicitaire de masquer son objectif commercial derrière un récit émotionnel, alors qu’il s’adresse à un public jeune.


Des demandes précises auprès du régulateur de la publicité

Dans sa plainte, Bloom demande au Jury de déontologie publicitaire de faire retirer les scènes contenant du poisson dans le spot du loup « mal-aimé ». L’association sollicite également toute mesure jugée appropriée pour corriger ce qu’elle considère comme une communication trompeuse.

La publicité d’Intermarché a connu un succès viral important, dépassant le milliard de vues selon l’ONG, ce qui renforce, à ses yeux, l’urgence d’une intervention du régulateur. Bloom estime que l’ampleur de la diffusion accroît le risque de désinformation auprès du public.


Intermarché silencieux face aux accusations

À ce stade, Intermarché n’a pas officiellement réagi à la plainte déposée par Bloom. Le groupe n’a pas communiqué publiquement sur les accusations de publicité mensongère ni sur les demandes formulées auprès de l’ARPP.

Cette affaire relance le débat sur la responsabilité des annonceurs dans la représentation des pratiques alimentaires et environnementales. Elle pose également la question du rôle des autorités de régulation face à des campagnes publicitaires à fort impact émotionnel, diffusées massivement sur les plateformes numériques.

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