Vidéo à la demande, télévision connectée, plateformes à la demande, réseaux sociaux et audio en mobilité : l’ARCOM nous dévoile les usages audio-vidéo des Français en 2025 qui connaissent une mutation profonde. Entre attachement persistant à la télévision gratuite et montée en puissance du smartphone, une nouvelle cartographie des pratiques se dessine, génération par génération.
Audio-vidéo 2025 : une recomposition silencieuse mais massive des usages
Jamais les usages audio-vidéo 2025 n’ont été aussi fragmentés, ni aussi révélateurs des fractures générationnelles. Derrière l’impression d’un paysage saturé (écrans multiples, plateformes en abondance, contenus à volonté) se cache une réalité plus structurée : les Français consomment toujours beaucoup de télévision et d’audio, mais plus de la même manière, ni sur les mêmes supports. C’est que ce nous révèle l’ARCOM dans son étude Tendance audio/vidéo 2025.
Le téléviseur reste au centre du foyer, mais il n’est plus seul. Le smartphone s’impose comme l’écran personnel par excellence, tandis que la radio, loin de disparaître, conserve un rôle clé dans les routines quotidiennes. Cette recomposition des usages audio-vidéo redessine en profondeur la chaîne de valeur des médias, de la production à la distribution.
Le téléviseur résiste, mais il se transforme
En 2025, le téléviseur demeure le premier support de consommation vidéo en France. Présent dans la quasi-totalité des foyers, il est désormais massivement connecté à internet, via une box ou directement par une Smart TV. Ce basculement technique n’est pas anodin : il modifie la façon d’accéder aux contenus et favorise la coexistence entre télévision linéaire, replay et plateformes de streaming vidéo.
La télévision gratuite en direct conserve une place centrale, notamment pour l’information et le sport. Ces genres restent associés à un rendez-vous collectif, structuré par la grille des programmes. Mais cette stabilité masque une érosion lente : chez les moins de 35 ans, la télévision n’est plus le point d’entrée principal vers les contenus vidéo.

Générations numériques : le smartphone comme écran pivot
La rupture est nette chez les plus jeunes. Pour les 15-24 ans, le smartphone devient l’écran dominant, celui par lequel transitent séries, extraits d’émissions, vidéos courtes et contenus live. Les réseaux sociaux et les plateformes de partage de vidéos captent une part croissante du temps passé devant l’image.
Cette consommation est fragmentée, mobile, souvent asynchrone. Les formats courts y cohabitent avec des vidéos longues, notamment sur YouTube, brouillant les frontières entre télévision, divertissement et création indépendante. Les émissions télévisées elles-mêmes circulent sous forme d’extraits, de rediffusions ou de « reacts », alimentant un écosystème hybride où les plateformes prolongent la vie des programmes.
Streaming vidéo : une normalisation des abonnements
Trois Français sur quatre ont désormais accès à au moins une offre vidéo payante. Le streaming vidéo n’est plus un luxe, mais un usage installé. Le budget consacré à ces services reste globalement maîtrisé et perçu comme raisonnable, signe d’une acceptation durable du modèle par abonnement.
La vidéo à la demande par abonnement s’impose comme la référence pour les films et les séries, en particulier auprès des publics jeunes et des foyers équipés en Smart TV. Les interfaces simplifiées, les recommandations algorithmiques et l’accès direct depuis la télécommande renforcent encore cette dynamique.
Smart TV : l’interface qui change la donne
La montée en puissance des télévisions connectées constitue l’un des faits structurants des usages audio-vidéo 2025. Plus qu’un simple écran, la Smart TV devient une plateforme à part entière, facilitant l’accès aux services à la demande, aux plateformes de partage de vidéos et aux chaînes numériques.
Ce confort d’accès favorise une augmentation globale du temps de consommation vidéo. Mais il ne remplace pas totalement la télévision linéaire : celle-ci reste très utilisée, y compris par les utilisateurs de Smart TV, preuve que les usages s’additionnent plus qu’ils ne se substituent.
Réseaux sociaux : nouveaux carrefours de la vidéo
Près de sept Français sur dix regardent désormais des vidéos sur les réseaux sociaux ou les plateformes de partage. Ces espaces ne sont plus cantonnés aux contenus amateurs ou viraux : ils diffusent aussi des émissions de télévision, des événements sportifs, des documentaires et des formats hybrides.
Le phénomène des contenus live et des réactions en direct illustre cette porosité croissante entre médias traditionnels et plateformes numériques. La télévision nourrit les réseaux sociaux, qui en retour amplifient et commentent ses contenus, créant un système de circulation permanente de l’image.

Audio : le smartphone s’impose, la radio tient bon
Côté audio, les usages audio-vidéo 2025 confirment une double tendance. D’un côté, le smartphone devient le premier support d’écoute, facilitant l’accès à la musique, aux podcasts et aux plateformes de streaming audio. De l’autre, la radio en direct reste un média de référence, particulièrement pour l’information.
L’écoute audio demeure fortement liée aux contextes de mobilité. En voiture, l’autoradio conserve un rôle central, tandis que les transports en commun favorisent l’usage des plateformes numériques. Là encore, l’âge structure les pratiques : les plus jeunes privilégient la musique et les podcasts à la demande, quand les plus âgés restent fidèles aux stations de radio traditionnelles.
Une abondance de contenus… mais des usages routiniers
Malgré l’explosion de l’offre, les Français reconnaissent explorer peu les possibilités de leurs équipements. Les habitudes dominent, les parcours restent limités à quelques chaînes ou applications, même sur des dispositifs pourtant riches en fonctionnalités.
Cette tension entre abondance et routines interroge la capacité des acteurs audiovisuels à rendre leurs contenus visibles et accessibles. Elle pose aussi la question de la médiation éditoriale, dans un univers où le choix peut devenir un frein à la découverte.
Ce que révèlent vraiment les usages audio-vidéo 2025
Derrière les chiffres, une tendance lourde se dégage : les usages audio-vidéo 2025 ne traduisent pas un rejet des médias traditionnels, mais leur transformation progressive. Télévision et radio restent des piliers, mais elles évoluent dans un écosystème élargi, dominé par la connectivité, la mobilité et la personnalisation.
Pour les éditeurs, les diffuseurs et les plateformes, l’enjeu n’est plus seulement d’être présent, mais d’être trouvé, accessible et désirable, quel que soit l’écran ou le moment de consommation.














