Portée disparue depuis la veille de Noël, une femme de 44 ans a été retrouvée morte, enterrée dans le jardin de son ancien compagnon dans les Landes suite à un féminicide. Après plusieurs jours de recherches et un appel à témoins, l’enquête a basculé le 1er janvier avec des aveux glaçants, révélant un crime conjugal d’une extrême violence.
Féminicide dans les Landes : une disparition qui inquiète dès le lendemain de Noël
Tout commence par un silence inhabituel. Le 24 décembre au soir, Isabelle Aleci, 44 ans, cesse brusquement de donner signe de vie. Cette rupture soudaine interpelle rapidement ses proches, d’autant plus qu’elle entretenait jusqu’alors des contacts quotidiens avec sa famille. Installée temporairement chez son ancien compagnon à Mont-de-Marsan, la quadragénaire ne se manifeste plus après un message jugé troublant envoyé à sa sœur.
Dans ce SMS nocturne, la femme évoque une rupture radicale avec son entourage familial et annonce son intention de changer de numéro de téléphone. Un contenu jugé incohérent par ses proches, qui ne correspond ni à son comportement habituel ni à sa situation personnelle, notamment en raison de la présence de sa fille encore mineure.

Une disparition jugée inquiétante par les proches
Dès le 25 décembre, l’inquiétude grandit. Isabelle Aleci ne répond plus aux appels, ne consulte plus ses messages et ne donne aucune nouvelle. Alertée, sa sœur signale une disparition inquiétante auprès des autorités. Les policiers du commissariat de Mont-de-Marsan ouvrent alors une enquête afin de retracer les derniers mouvements de la disparue.
Les premières vérifications confirment l’absence de la quadragénaire à son domicile habituel. L’analyse de ses données téléphoniques révèle que son téléphone a borné à Mont-de-Marsan à deux reprises entre le 24 et le 27 décembre, avant de s’éteindre définitivement. Un élément troublant, qui contredit l’hypothèse d’un départ volontaire à l’étranger.
Le récit fragile de l’ex-compagnon
Rapidement, les enquêteurs s’intéressent à l’ex-compagnon de la disparue, chez qui elle résidait au moment des faits. Lors de son audition, l’homme décrit une relation instable, marquée par des séparations répétées, des tensions financières et des difficultés personnelles. Il affirme avoir vu Isabelle Aleci quitter son domicile le matin du 25 décembre, vers 6 heures, accompagnée de deux hommes venus la chercher en voiture.
Selon lui, l’un de ces individus aurait été le nouveau compagnon de la quadragénaire, et celle-ci aurait évoqué un projet de voyage en Espagne puis au Portugal. Une version qui soulève rapidement des doutes, tant auprès des enquêteurs que de l’entourage de la victime.

Des incohérences qui alertent les enquêteurs
Plusieurs éléments fragilisent ce récit. Isabelle Aleci serait partie sans ses affaires essentielles, laissant derrière elle des effets personnels importants et surtout sa fille. Un comportement jugé incompatible avec un départ volontaire prolongé. Par ailleurs, des proches évoquent des confidences passées laissant entendre que la relation avec son ex-compagnon avait pu être marquée par des épisodes de violence.
Face à ces zones d’ombre, les enquêteurs décident de diffuser un appel à témoins. Une initiative déterminante, qui va faire basculer l’enquête.
Des témoignages décisifs et une nouvelle perquisition
Deux personnes se manifestent auprès des forces de l’ordre. La première rapporte des confidences anciennes de la victime, évoquant un climat de peur vis-à-vis de son ex-compagnon. La seconde affirme qu’Isabelle Aleci lui avait demandé, par le passé, de prévenir la police si elle venait à disparaître subitement.
Ces éléments conduisent les enquêteurs du Service interdépartemental de la police judiciaire des Pyrénées-Atlantiques à procéder à une nouvelle perquisition au domicile de l’ex-compagnon. Dans le jardin, ils découvrent une zone de terre récemment retournée.
Des aveux le 1er janvier
Confronté à cette découverte, l’homme finit par reconnaître les faits. Le 1er janvier, il avoue avoir causé la mort d’Isabelle Aleci après le réveillon de Noël et avoir dissimulé son corps dans le jardin. À l’endroit indiqué, les policiers retrouvent la dépouille de la victime, enveloppée dans une housse de couette.
L’ex-compagnon est immédiatement interpellé et placé en garde à vue. Une enquête judiciaire est ouverte pour meurtre par personne ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime, une qualification pénale lourde qui souligne la gravité des faits.
Autopsie et investigations en cours
Le parquet de Mont-de-Marsan ordonne une autopsie afin de déterminer précisément les causes et les circonstances du décès. Les investigations se poursuivent pour reconstituer le déroulement exact des événements survenus dans la nuit du 24 au 25 décembre.
Selon la procureure Alexa Dubourg, les enquêteurs cherchent à établir les conditions du passage à l’acte et à recueillir l’ensemble des déclarations du suspect. Celui-ci était déjà défavorablement connu des services de police et de la justice, avec une dizaine de condamnations antérieures pour des faits d’atteintes aux biens et de délits routiers.
Un drame qui interroge sur les violences conjugales
La victime n’avait jamais déposé plainte contre son ex-compagnon. Un élément qui souligne une nouvelle fois la difficulté pour certaines femmes de signaler les violences conjugales ou familiales, souvent par peur, dépendance ou absence de soutien perçu. Ce féminicide dans les Landes s’inscrit dans une série de drames similaires qui continuent de marquer l’actualité judiciaire française.
Au-delà de l’enquête pénale, cette affaire relance le débat sur la prévention des violences intrafamiliales, le repérage des signaux faibles et l’importance des témoignages dans les dossiers de disparition inquiétante.
Un crime conjugal au cœur de l’hiver
Alors que la période des fêtes est traditionnellement associée au rassemblement familial, cette affaire rappelle que les violences conjugales ne connaissent ni trêve ni calendrier. La découverte du corps d’Isabelle Aleci, plusieurs jours après sa disparition, met en lumière le rôle crucial de la mobilisation des proches et des enquêteurs dans la manifestation de la vérité.
L’enquête se poursuit désormais sous l’autorité judiciaire, tandis que la famille de la victime tente de comprendre l’impensable.














