L’agression au couteau d’une enseignante dans un collège de Sanary-sur-Mer a provoqué une onde de choc bien au-delà du Var. Mis en examen pour tentative d’assassinat, l’élève suspect est incarcéré tandis que la professeure demeure dans un état préoccupant. L’affaire relance le débat sur la prévention de la violence scolaire et la protection des personnels éducatifs.
Une reprise des cours sous tension après un acte d’une extrême gravité
Jeudi 5 février, les cours ont repris au collège La Guicharde, à Sanary-sur-Mer, au lendemain d’une attaque au couteau qui a profondément marqué la communauté éducative. Une enseignante d’arts plastiques a été grièvement blessée par l’un de ses élèves, un collégien désormais mis en examen pour tentative d’assassinat et placé en détention provisoire.
L’annonce a été faite par le procureur de la République de Toulon, à l’issue de l’audition de l’adolescent devant un juge. Si les circonstances exactes de l’agression restent couvertes par le secret de l’instruction, la qualification pénale retenue souligne la gravité exceptionnelle des faits.
Une enseignante toujours entre la vie et la convalescence
Transportée en urgence après l’attaque, la professeure a été admise à l’hôpital militaire Sainte-Anne, où elle a subi une première intervention chirurgicale. Selon le parquet, son état de santé demeure « préoccupant », même si les équipes médicales restent mobilisées pour stabiliser son état et prévenir toute complication.
Au-delà du diagnostic médical, le traumatisme est aussi psychologique. Pour les collègues, les élèves et les familles, l’agression a brisé le sentiment de sécurité qui prévalait jusqu’alors dans cet établissement de taille moyenne, décrit par les autorités comme « calme » et « sans antécédents notables ».
Un établissement réputé paisible, frappé par l’inimaginable
Le collège La Guicharde était jusqu’ici considéré comme un établissement « tranquille, réputé pour sa quiétude », selon les mots du préfet du Var. Une appréciation reprise par le ministère de l’Éducation nationale, qui évoque un acte isolé dans un collège souvent cité pour la qualité de son climat scolaire. Cela rappelle cette adolescente de 15 ans séquestrée à Oullins-Pierre-Bénite.
Cette dissonance entre l’image paisible de l’établissement et la violence de l’agression alimente l’incompréhension. Comment un tel acte a-t-il pu se produire dans un cadre perçu comme protecteur ? Cette question traverse aujourd’hui l’ensemble de la communauté éducative locale.
L’émoi du corps enseignant et la question des moyens
Dans les heures qui ont suivi l’attaque, les réactions se sont multipliées. Les représentants syndicaux ont exprimé une profonde inquiétude face à la montée des violences en milieu scolaire. Pour Snes-FSU, cet événement met en lumière un besoin criant de moyens humains supplémentaires.
« Il faut renforcer la prévention, le contrôle des accès, le suivi des élèves en difficulté », a souligné un représentant syndical, rappelant que même les établissements situés dans des communes réputées paisibles ne sont plus à l’abri. Le contrôle des sacs, la présence accrue d’adultes référents et la formation à la gestion des situations de crise figurent parmi les pistes régulièrement évoquées.
Une violence scolaire qui dépasse le fait divers
Si les autorités insistent sur le caractère isolé de l’acte, l’agression de Sanary-sur-Mer s’inscrit dans un contexte plus large de préoccupations autour de la sécurité scolaire. Ces dernières années, plusieurs incidents graves ont ravivé les craintes des personnels éducatifs, confrontés à des comportements parfois imprévisibles et à une détérioration du climat social chez certains jeunes.
Les spécialistes de l’éducation rappellent que la violence scolaire est rarement le fruit d’un seul facteur. Elle résulte souvent d’un enchevêtrement de fragilités individuelles, familiales et sociales, auxquelles l’institution peine parfois à répondre faute de moyens adaptés.

Le défi de la prévention en milieu éducatif
La prévention reste le maître-mot avancé par les experts. Détection précoce des signaux faibles, accompagnement psychologique des élèves, coopération renforcée entre l’école, les familles et les services sociaux : autant de leviers jugés essentiels pour éviter le passage à l’acte.
Dans le cas présent, l’enquête devra déterminer si des alertes avaient été émises avant l’agression, et si elles ont été suffisamment prises en compte. Ces éléments seront déterminants, non seulement pour la procédure judiciaire, mais aussi pour l’évaluation des dispositifs de prévention existants.
Une communauté scolaire durablement marquée
La reprise des cours s’est faite dans un climat lourd, marqué par la solidarité envers la victime et par l’inquiétude des élèves. Des cellules d’écoute ont été mises en place afin d’accompagner ceux qui ont été témoins, directs ou indirects, de l’agression.
Pour beaucoup, le retour à la normale prendra du temps. L’école, lieu d’apprentissage et de transmission, se retrouve brutalement confrontée à une violence extrême qui questionne sa capacité à rester un espace sanctuarisé.
Un signal d’alarme pour l’institution
Au-delà de Sanary-sur-Mer, cette affaire agit comme un signal d’alarme national. Elle rappelle que la sécurité des enseignants ne peut être considérée comme acquise et qu’elle doit faire l’objet d’une vigilance constante.
L’institution scolaire est désormais face à un double défi : protéger ses personnels et ses élèves, tout en préservant sa mission éducative. L’agression de cette enseignante, toujours hospitalisée dans un état préoccupant, impose une réflexion collective sur les moyens de prévenir l’irréparable, sans céder à la peur ni à la stigmatisation.













